Ghana  / Projet de loi sur l’homosexualité – Le président Nanan Akufo-Addo entre le marteau et l’enclume

Le président du Ghana, Nana Akufo-Addo, n’a pas encore signé le projet de loi adopté, le 28 février 2024,  par le Parlement de son pays contre les pratiques LGBTQ. Il a déclaré qu’il n’approuverait pas un texte anti-gay tant que la Cour suprême n’aurait pas statué sur son cadre légal. Une déclaration qui est intervenue après les avertissements du ministère ghanéen des Finances. Celui-ci a affirmé que le pays pourrait perdre des milliards de dollars de financement de la Banque mondiale, si le projet de loi était promulgué. L’on parle d’une perte d’au moins 4 milliards de dollars dont le Ghana bénéficie de la part du Fond Monétaire Internationale (FMI) . Un soutien au budget du pays étalé sur trois ans depuis seulement l’an dernier. Les prochains versements risquent alors d’être compromis, à en croire le ministre des Finances.

Le Ghana traverse une période économique des plus difficiles de son histoire depuis plusieurs années avec une inflation qui frôle les 25 %. Il avait atteint un pic historique de 54 % en décembre 2022. Le cedi ghanéen, lui, peine à reprendre de sa valeur face au dollar. De quoi donner du crédit aux arguments du ministre des Finances face à ce texte. Le projet de loi prévoit trois ans de prison pour s’être identifié comme LGBTQ+ et de cinq ans pour en avoir fait la promotion. Les groupes de défense des droits de l’homme se sont adressés aux tribunaux avant même le vote du Parlement. La nouvelle loi proposée a été soutenue par les deux principaux partis politiques du Ghana, mais ne peut être appliquée sans l’approbation du président de la République.

Comme on peut le constater, le président du Ghana, Nanan Akufo-Addo est pris entre le marteau et l’enclume. Le marteau constitué des pays occidentaux et des organisations financières internationales qu’ils ont créées ainsi que l’enclume renvoyant aux députés  qui ont voté la loi contre l’homosexualité. Ils sont les représentants du peuple ghanéen  et c’est que ce le peuple veut qu’ils traduisent dans les textes. L’homosexualité n’est pas du tout acceptée dans les coutumes africaines alors dans la large majorité des pays africains au sud du sahara, l’homosexualité est une abomination qu’il ne faut pas admettre. C’est à juste titre que les députés au parlement du Ghana ont, par exemple, voté un projet de loi criminalisant l’homosexualité.

Devant son pays, le Ghana, qui fait face depuis quelques années à une forte crise économique, le président Akufo-Addo ne peut pas prendre le risque d’aller contre la volonté des occidentaux qui menacent de couper tout financement au Ghana si le projet de loi sur l’homosexualité est promulgué. Cette attitude des pays occidentaux n’est rien d’autre qu’une attitude néo-coloniale. Un véritable chantage néo-colonial d’autant que  les pays occidentaux savent que le président ghanéen a le dos au mur.

S’il refuse de se conformer à la volonté des pays occidentaux qui soutiennent collectivement l’homosexualité, il ne pourra pas avoir les moyens nécessaires pour endiguer la crise économique dans son pays et les populations ghanéennes confrontées à la pauvreté galopante et à l’inflation vont se révolter contre lui.

Pourtant, l’Ouganda bénéficie toujours de l’aide du Fonds monétaire international (FMI), selon le député ghanéen Sam Georges, à l’origine du texte anti-homosexualité au Ghana. En réalité, les aides financières déjà validées n’ont pas été retirées, mais l’Ouganda sera bien sanctionné. La Banque mondiale a confirmé qu’elle n’accorderait, à l’avenir, plus aucun prêt au pays. Telle la réalité néo-coloniale à laquelle se trouvent confrontés les pays africains à cause de l’homosexualité.

Une contribution de

Moumouni Dibo

Politologue nigérien basé à Niamey 

 

 

 

 

 

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